Modèle de sexe com sexe pression

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Avec son amant ou sa maîtresse ou dans toute autre situation stressante , la dépense calorique se rapproche plutôt d'un effort équivalent à une montée de trois étages. Enfin naturellement, la consultation d'un cardiologue est également essentielle pour une femme aux antécédents cardiaques connus, en cas de désir de grossesse. Les hommes aussi doivent prendre quelques précautions spécifiques. Notamment en matière de médicaments contre la dysfonction érectile , pour l'utilisation desquels un contrôle médical est indispensable.

Ils sont en général sans danger pour les patients dont la maladie cardiovasculaire est bien contrôlée. Merci pour votre inscription.

Heureux de vous compter parmi nos lecteurs! Vous avez aimé cet article? N'hésitez pas à le partager avec vos ami e s et aidez-nous à faire connaître Futura: La Rédaction vous remercie. Santé Le sexe n'est pas forcément déconseillé aux cardiaques Actualité Classé sous: Vous aimez nos Actualités? Inscrivez-vous à la lettre d'information La quotidienne pour recevoir nos toutes dernières Actualités une fois par jour. Australian and New Zealand Journal of Psychiatry, 41 , Predictors and consequences of childhood depressive symptoms: A 5-year longitudinal study.

Journal of Abnormal Psychology, , Secondary effects of antipsychotics: Women at greater risk than men. Schizophrenia Bulletin, 35 , Phenotypes, endophenotypes, and genotypes in bulimia spectrum eating disorders. Canadian Journal of Psychiatry, 52 , Nos travaux de recherche en science fondamentale s'inscrivent dans un contexte clinique impliquant des maladies pulmonaires liées à une naissance prématurée telles que le syndrome de détresse respiratoire et la dysplasie bronchopulmonaire.

Dans le contexte de la grande prématurité, les garçons sont plus à risque de développer ces maladies que les filles d'âge gestationnel comparable. L'impact du sexe sur le développement pulmonaire doit être nuancé et mis en perspective. En effet, bien que plusieurs différences sexuelles soient bien connues, comme la plus grande incidence de syndrome de détresse respiratoire chez les garçons, d'autres le sont moins, comme le délai dans l'expression de certains gènes.

Les différences sexuelles ne se limitent pas aux actions directes ou indirectes des hormones stéroïdiennes produites par les gonades testicules ou ovaires. Elles prennent aussi la forme de différences temporelles et spatiales dans l'inactivation ou l'activation pulmonaire de ces mêmes hormones et de leurs précurseurs.

Nous soulevons ici trois questions pertinentes issues de notre expérience en recherche quant à l'inclusion du sexe comme variable biologique dans les études biomédicales, que nous aborderons une à une. Nous amenons des éléments de réponses et des pistes de réflexions qui montrent pourquoi le sexe est une composante cruciale de l'élaboration de solutions en vue d'améliorer la santé des bébés nés prématurés. Vous trouverez les définitions des termes utilisés dans le présent chapitre dans le Tableau Le facteur sexe a une importance cruciale dans la recherche sur le développement pulmonaire car les mâles et les femelles montrent des spécificités hormonales, physiologiques, génétiques et morphologiques dans le développement normal du poumon et dans la cause de certaines maladies pulmonaires.

Par exemple, les poumons mâles sont exposés à des niveaux d'androgènes plus élevés que les poumons femelles à plusieurs moments du développement pulmonaire, en conséquence de la production de ces hormones par les testicules. Les ovaires ne produisent pas des quantités équivalentes d'androgènes au même moment de développement.

Pour cette raison l'exposition aux androgènes des mâles et des femelles au cours du développement est asymétrique.

Cette exposition asymétrique aux androgènes a de nombreuses conséquences. Ce délai, et par conséquent les faibles niveaux de surfactant jusqu'à l'atteinte d'un stade ultérieur du développement, se traduit par une plus grande prédisposition des mâles nés prématurés au syndrome de détresse respiratoire. Or, les différences hormonales entre les mâles et les femelles précèdent de plusieurs semaines les différences sexuelles observées dans le développement pulmonaire en ce qui concerne le début de la synthèse du surfactant pulmonaire et les autres dimorphismes pulmonaires.

L'influence du sexe dans le développement pulmonaire ne se limite donc pas à une différence hormonale ponctuelle, mais s'échelonne et se manifeste sur plusieurs, voire l'ensemble des événements régissant le développement pulmonaire et ses maladies. Plusieurs mécanismes nécessaires au développement pulmonaire ont été identifiés, comme les effets retardateurs et accélérateurs des androgènes et des glucocorticoïdes une autre famille d'hormones stéroïdiennes , respectivement, sur la production de surfactant pulmonaire.

Dans le cas de grossesses à risque d'accouchement prématuré, l'administration anténatale de glucocorticoïdes réduit l'incidence du syndrome de détresse respiratoire et ses conséquences. Les liens de cause à effet entre les actions et les mécanismes de régulation des androgènes et des glucocorticoïdes et la différence sexuelle observée dans la progression de la maturation pulmonaire sont encore mécompris et ce particulièrement pour les stades plus avancés du développement.

Par exemple, une méta-analyse récemment publiée par notre équipe de recherche traitant de l'influence du sexe sur l'efficacité de l'administration de glucocorticoïdes anténataux confirme que ce traitement est efficace dans la prévention du syndrome de détresse respiratoire et, au final, dans la diminution de la mortalité des grands prématurés de sexe masculin et féminin Roberge et al.

Toutefois, cette même analyse a aussi fait ressortir des différences d'efficacité pour les différents types de glucocorticoïdes selon le sexe, suggérant ainsi que de futures études devraient se pencher sur l'efficacité du type de glucocorticoïde en fonction du sexe. Par ailleurs, contrairement au syndrome de détresse respiratoire, un lien entre l'incidence supérieure de la dysplasie bronchopulmonaire néonatale chez les mâles et les androgènes reste à être démontré. Pour ces raisons ainsi que celles évoquées par nos travaux, l'étude du développement pulmonaire ne peut faire abstraction de l'influence du sexe et se doit de considérer l'ensemble des facteurs communs et distincts caractérisant le développement pulmonaire chez les deux sexes.

Dans ce contexte, notre équipe a décidé de ne pas limiter ses travaux à l'influence du sexe ou des hormones sexuelles dans les processus ou pathologies pour lesquels une différence sexuelle a déjà été identifiée, mais de considérer l'influence du facteur sexe dans toute sa complexité pour l'ensemble du développement pulmonaire.

Notre équipe n'est évidemment pas la seule à insister sur l'importance de la prise en compte du sexe dans l'analyse de données relatives au développement pulmonaire.

Ce point a d'ailleurs été soulevé dans une lettre récemment publiée par la revue American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine Kauffmann, L'intégration du sexe dans nos recherches ne s'est toutefois pas fait sans heurts et a nécessité une modification en profondeur de nos approches, notamment par une recherche de littérature plus attentive au sexe, la formulation d'hypothèses permettant son intégration, une planification expérimentale et une collecte d'échantillons appropriées, ainsi qu'une attention particulière lors de l'analyse des données, incluant les analyses statistiques.

L'étude de l'influence du sexe lors du développement pulmonaire nécessite donc, au-delà de l'inclusion d'échantillons provenant de femelles et de mâles, la formulation d'un devis méthodologique permettant une analyse de l'influence du sexe. Une augmentation du nombre d'échantillons ainsi qu'une qualité d'échantillon supérieure sont requises afin de résister à la rigueur statistique qu'implique l'inclusion du facteur sexe.

Par exemple, pour éviter une surreprésentation d'un sexe et d'introduire un biais dans l'analyse des résultats, il est nécessaire d'inclure, pour chaque condition ou stade développemental à l'étude, un nombre similaire d'échantillons mâles et femelles.

Les études portant sur le développement pulmonaire visent souvent la comparaison d'échantillons provenant de plusieurs stades développementaux. L'ajout du sexe comme facteur accroît la variance statistique et demande de minimiser la variabilité due aux autres facteurs impliqués. En ce sens, dans notre modèle de souris, nous privilégions maintenant des protocoles d'accouplements minimisant l'incertitude sur les âges gestationnels.

Cette approche demeure souhaitable, même en l'absence de différences sexuelles identifiables, puisqu'elle assure une plus grande représentativité des résultats relatifs à une population dont l'hétérogénéité dépend non seulement du sexe, mais aussi de nombreux autres facteurs. L'intégration de l'influence du sexe à tous les niveaux de notre recherche nous a donc permis de révéler un métabolisme des androgènes local inactivation ou activation locale des androgènes commun aux deux sexes, suggérant un rôle bénéfique des androgènes dans le développement pulmonaire normal des mâles et des femelles.

De la même façon, plusieurs gènes exprimés différentiellement ou non selon le sexe ou en fonction du développement pulmonaire ont aussi été identifiés. Au contraire, il nous a permis de décrire d'importantes différences développementales entre les femelles et les mâles liées à l'expression de gènes et à des niveaux hormonaux.

La compréhension de ces différences nous a en retour permis d'analyser plus efficacement leurs impacts et de les intégrer dans un modèle de développement pulmonaire qui inclut les deux sexes. Notre expérience de recherche nous a appris qu'autant les questions de recherches que les résultats qui en découlent peuvent impliquer des aspects qui vont bien au-delà des différences physiologiques entre les sexes.

De plus, notre contexte clinique particulier a fait en sorte que des questionnements d'intérêt pour plusieurs autres domaines de recherches, tels que l'épidémiologie, les sciences psychosociales, éthiques et juridiques, ainsi qu'une nécessité accrue du transfert et la mise en action des connaissances, se sont dégagés de nos préoccupations initiales d'ordre biomédical.

La caractérisation des facteurs de risque associés à la prématurité ainsi que l'influence du sexe sur les différentes conditions qui peuvent affecter le nouveau-né prématuré sont de grande importance pour l'orientation des recherches biomédicales. L'impact du sexe et de ses effets physiologiques sur le devenir des enfants nés prématurément concernant leur intégration dans la société, leurs performances scolaires, professionnelles ou leurs aptitudes sociales sont aussi très importants à investiguer.

Les domaines de l'éthique et du droit sont aussi sollicités puisqu'une situation où un enfant naît au seuil de la viabilité fait appel à l'éthique et aux valeurs, et le cadre juridique, au Canada du moins, laisse place à plusieurs interprétations. Les mâles qui naissent au seuil de la viabilité connaissent des taux plus élevés de mortalité et sont davantage sujets à des pathologies pulmonaires néonatales. On sait aussi qu'ils connaissent des taux plus élevés de problèmes de développement psychosociaux.

Cet état de fait soulève de nombreuses questions éthiques pour les parents et l'équipe des donneurs de soins sur la façon d'intégrer ces connaissances au processus décisionnel et aux lignes directrices associées aux soins néonataux. Faut-il communiquer ces connaissances aux parents du garçon prématuré? À cet égard, nous avons organisé un forum de discussion en ligne sur diverses questions reliant sexe et grande prématurité.

Des participants provenant de différentes disciplines ont mis en commun leurs connaissances et proposé une analyse transdisciplinaire des principaux problèmes. L'intégration du sexe a non seulement donné une valeur ajoutée à nos travaux, mais nous a aussi appris bon nombre de choses.

Une des leçons que nous avons apprises est que pour être un succès, l'intégration du facteur sexe et l'évaluation de son influence sur divers processus biologiques doit se faire à toutes les étapes de la recherche biomédicale fondamentale. Nous nous sommes aussi aperçus que les études incluant le facteur sexe ne se limitent pas aux différences évidentes et que les résultats obtenus de ces approches peuvent être inattendus. Ces différences sont néanmoins cruciales et pointent vers de nouvelles directions qui autrement seraient demeurées inexplorées.

L'intégration du sexe dans les questions, les approches expérimentales et les directions de recherche biomédicales constitue un nouveau paradigme de la recherche biomédicale requérant des échanges multidisciplinaires et des réflexions transdisciplinaires. Lung development and function in preterm infants in the surfactant treatment era.

Annual Review of Physiology, 62 , Sex differences in human lung development. Role of fetal sex in the outcome of antenatal glucocorticoid treatment to prevent respiratory distress syndrome: Systematic review and meta-analysis.

Journal of Obstetrics and Gynaecology Canada, 33 3 , Sex hormone metabolism in lung development and maturation. Trends in Endocrinology and Metabolism, 21 12 , L'impact de la prématurité et du sexe sur la santé de l'enfant — Une approche transdisciplinaire 1re éd. Marc Simard et Eric Boucher ont contribué de façon égale à la rédaction de ce chapitre et sont tous deux premiers auteurs.

Chaque cellule est sexuée , chaque personne a son genre et chaque organisme est stressé. Pour le meilleur ou pour le pire, le stress fait naturellement partie de la vie jusqu'à la mort Lupien, Au cours des dernières décennies, les chercheurs qui étudient le stress ont commencé à incorporer le sexe et le genre dans des perspectives en évolution constante qui se sont cristallisées en une meilleure compréhension du stress et des façons d'y répondre.

Ce chapitre est une description de cette métamorphose visant à orienter la recherche future. Premièrement, nous définissons le stress. Deuxièmement, nous décrivons les changements de paradigme qui ont amené les différences entre les sexes à l'avant-plan dans la littérature théorique et empirique sur le stress.

Troisièmement, nous voyons comment les points de vue sur le sexe et le genre quant au stress en milieu de travail interagissent pour améliorer la compréhension du stress chronique. Au Centre d'études sur le stress humain , nos études du grand public nous ont permis de constater que les définitions populaires du stress ne correspondent pas à ses définitions scientifiques.

Pour le public, le stress est synonyme de pression du temps, tandis que les définitions savantes le divisent entre des constructions comme la contribution des stresseurs , les processus de détresse et les résultats, les réponses au stress. D'après le Dr Sheldon Cohen, il existe trois grandes traditions interreliées pour mesurer le stress: Chacune de ces traditions est complémentaire et selon nous mieux comprise en combinaison..

Ces ingrédients s'ajoutent les uns aux autres, et leur importance est unique puisque nous avons tous une sensibilité différente au C. La recherche sur le stress psychologique a commencé avec les travaux du Dr John Mason, dans les années , sur les parachutistes et sur d'autres groupes de personnes qui s'exposaient volontairement à des situations stressantes.

Une définition exhaustive du stress tenant compte de ces différences individuelles intrinsèques, a été formulée par le Dr Bruce McEwen: Face à des situations stressantes incluant des ingrédients C. En somme, cela met en jeu deux systèmes biologiques complexes qui font intervenir nos hormones de stress d'élite voir la figure La première vague déclenche en quelques secondes la libération rapide d'une monamine appelée l' adrénaline, suivie en quelques minutes de la production d'un stéroïde, le cortisol.

La libération massive de ces hormones de stress mobilise nos réserves d'énergie en transformant la graisse en sucre et en le répartissant dans tout notre organisme, ce qui facilite au maximum la réponse notoire de fuir ou de se battre que le Dr Walter Cannon a été le premier à décrire.

Le point le plus important dont il faut se souvenir, c'est que sans les réponses au stress, nos ancêtres de l'âge des cavernes auraient été incapables de se battre, de fuir ou de rester immobiles face aux mammouths et aux prédateurs. Les stresseurs absolus ou relatifs dans l'environnement doivent d'abord être détectés pour déclencher deux systèmes. En quelques secondes, des catécholamines comme l'adrénaline sont libérées dans la circulation selon l'axe sympatho-médullo-surrénalien.

Après quelques minutes, la production de glucocorticoïdes comme le cortisol commence selon l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien. Schramek , Brain and Cognition, 65, p. Droit d'auteur Elsevier.

Le stress est donc un phénomène intrinsèquement adaptatif grâce auquel nous pouvons continuer à respirer et à nous reproduire. Pourtant, bien que les réponses au stress aigu soient saines, le stress chronique risque de mener à des dysfonctionnements potentiels de virtuellement tous les systèmes biologiques, parce que chaque cellule peut recevoir des hormones de stress des messages biochimiques qui altèrent ses fonctions.

Quand les concentrations d'hormones de stress sont trop élevées ou trop faibles, l'adaptation normale se transforme en maladaptation. Jusqu'ici, nous avons donné un bref historique du domaine du stress et de ses définitions avec une importante réserve, à savoir que la réponse au stress a essentiellement été testée chez des sujets du sexe masculin.

Quand le principal auteur de ce chapitre a débuté dans ce domaine, il était entendu qu'on recrutait des sujets du sexe masculin, qu'on les stressait et qu'on les faisait cracher il est facile de mesurer les concentrations de cortisol dans la salive , après quoi on rédigeait des constatations supposément généralisables pour les deux sexes.

De nos jours, il est beaucoup plus difficile de publier dans des journaux réputés si les échantillons ne sont pas représentatifs des deux sexes, ce qui représente un important changement de paradigme dont nous allons maintenant discuter. Au commencement, les cerveaux des créatures vivantes et de celles qui sont devenues les hommes et les femmes des cavernes ont lentement développé des mécanismes toujours plus performants pour détecter les menaces, mobiliser des réponses au stress et survivre.

Nous devons maintenant faire une distinction entre les stresseurs absolus p. Durant toute l'évolution, nous avons dû faire face à d' anciens stresseurs maintenant disparus p. Leurs différences morphologiques expliquent en partie pourquoi les hommes des cavernes étaient plus susceptibles d'être les chasseurs que les femmes des cavernes, ce qui peut expliquer pourquoi l'homme moderne mobilise généralement des réponses au stress plus intenses que la femme moderne, et c'est logique, puisque les pressions évolutives sont appropriées par un sexe qui contribue ensuite sélectivement, sur d'innombrables générations, aux différences physiologiques entre les deux sexes et aux comportements liés aux genres.

Pour les femmes des cavernes, cela signifiait peut-être plus de comportements liés à la cueillette et aux soins. Mais passons maintenant en accéléré à l'an , quand la Dre Shelly Taylor a postulé que les femmes pourraient avoir développé une réponse au stress unique sur laquelle les études jusqu'à présent dominées par les hommes ne se sont jamais encore penchées.

Le principe fondamental en l'occurrence, est que plutôt d'user de représailles physiques face à des menaces, les femmes préfèrent les comportements qui protègent leur progéniture vulnérable et maintiennent les liens sociaux Taylor et al. Cette théorie a obtenu de grands appuis, mais il n'est pas évident que ces réponses soient attribuables au sexe, au genre ou à ces deux facteurs, ou qu'elles soient observées en raison de l'effet de nos propres hypothèses tenant compte du genre sur nos conceptions de la recherche.

Il est intéressant que la recherche ultérieure à cette étude pionnière ait constaté que les femmes bénéficiaient de la présence d'amies du même sexe quand elles étaient en détresse.

De nombreuses études comme celles de nos collègues d'Allemagne ont contribué à faire incorporer les différences entre les sexes dans les laboratoires de recherche sur le stress.

Depuis, d'autres études se sont tournées sur les interactions entre le sexe et le genre. La perception des stresseurs, l'interprétation des menaces et la génération des réponses au stress diffèrent fondamentalement selon le sexe ainsi qu'en fonction du genre. Les femmes autodéclarent plus de stresseurs et de détresse que les hommes et déclarent également généralement plus de symptômes de troubles physiques, mais les hommes répondent plus au stress et meurent plus jeunes.

Ces types de différences entre les sexes sont fondamentales pour l'étude du stress, mais elles peuvent être limitées à se concentrer seulement sur les différences de la dichotomie entre les sexes en l'absence de perspectives tenant compte du genre. La compréhension des moyens d'étudier la nature dynamique du sexe et du genre durant toute une vie de développement dans le contexte de l'évolution de troubles liés au stress qui changent réellement au fil des années a constitué un grand défi.

Les troubles cardiovasculaires sont un bon exemple: Ce renversement pourrait peut-être mieux s'expliquer en raison des rôles des genres que des sexes, si nous songeons aux changements socioculturels intervenus au cours des dernières décennies.

Il est regrettable que les niveaux de stress plus élevés des femmes qui travaillent et qui doivent souvent concilier de multiples rôles et responsabilités professionnelles et familiales puissent miner leur santé et leur bien-être. Le travail de pionnier de la Dre Marianne Frankenhaeuser et de ses collègues scandinaves a constamment montré que les femmes occupant des emplois non traditionnels, par exemple comme gestionnaires ou ingénieures, déclarent jouer des rôles de genres plus masculins ou plus assertifs qui les exposent à de plus grands risques de troubles liés au stress.

L'influence du genre constitue une importante forme d'astreinte susceptible d'avoir des répercussions néfastes dans d'autres domaines vitaux. Le fait est qu'une surcharge de travail et des injustices sociales peuvent avoir des retombées le stress au travail se transformant en détresse à domicile avec un effet boomerang le stress à domicile causant de la détresse au travail. Là aussi, il y a une différence entre les sexes: Ce phénomène a des conséquences pour tout le monde, puisque les concentrations élevées d'hormones de stress après le travail tendent à atténuer les effets des exigences du travail et des éléments de son contrôle pour prédire les coûts des soins de santé.

Il vaut la peine de noter qu'un tiers de la population canadienne déclare souffrir de stress chronique au travail, ce qui l'expose à un risque accru de dépression, d'épuisement professionnel et de troubles liés à l'angoisse, pour ne citer que quelques problèmes. Ces statistiques sont réparties différemment entre les hommes et les femmes ainsi qu'en fonction des rôles liés au genre masculin ou féminin.

Combinés, le sexe et le genre interagissent pour exacerber nos vulnérabilités au stress chronique qui peuvent avoir de terribles conséquences pour notre santé et notre bien-être. Par exemple, l'effondrement du système des hormones de stress entraîne un dysfonctionnement du système neuroendocrinien, du métabolisme, du système immunitaire et du système cardiovasculaire.

Notre propre recherche a été focalisée sur les signatures biopsychosociales associées à la charge allostatique et à divers troubles liés au stress p. Nous avons observé que cette approche de quantification du stress chronique est liée au sexe, au genre, à l'orientation sexuelle, à l'âge et aux caractéristiques occupationnelles.

En fait, différents groupes de biomarqueurs p. Or, comme la prévalence croissante des troubles cardiovasculaires chez les femmes l'a démontré, cet ensemble de facteurs est dynamique. Pour conclure, il devient clair que la meilleure façon de comprendre les antécédents biopsychosociaux et les conséquences fonctionnelles d'une charge allostatique élevée consiste à tenir compte du sexe et du genre ensemble. Les changements de paradigme qui ont favorisé l'inclusion du sexe et du genre ont servi de moteur aux progrès accélérés de notre compréhension de qui va souffrir de quels troubles liés au stress.

À mesure que nous évoluons vers des paradigmes basés sur la personne, nous reconnaissons que le progrès dans la recherche sur le stress a particulièrement bénéficié d'une démarche de recherche dans laquelle on étudie le sexe et le genre en synergie plutôt que séparément. Acute stressors and cortisol responses: A theoretical integration and synthesis of laboratory research. Psychological Bulletin, , — Allostatic load biomarkers of chronic stress and impact on health and cognition.

Sex-specific effects of social support on cortisol and subjective responses to acute psychological stress. Psychosomatic Medicine, 57, 23— Stress and workload of men and women in high-ranking positions. Journal of Occupational Health Psychology, 4 , — Child's stress hormone levels correlate with mother's socioeconomic status and depressive state.

Biological Psychiatry, 48 , — The effects of stress and stress hormones on human cognition: Implications for the field of brain and cognition. Brain and Cognition, 65, — Beyond the stress concept: Allostatic load — a developmental biological and cognitive perspective. Developmental neuroscience 2nd ed. Stress and the individual: Mechanisms leading to disease.

Archives of Internal Medicine, , — Sex differences in stress responses: Social rejection versus achievement stress. Biological Psychiatry, 53 , — Biobehavioral responses to stress in females: Psychological Reviews, , — Lupien est titulaire d'une chaire pour chercheur chevronné en Stress, genre, sexe et santé mentale de l'Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC [GSC ].

Les examens systématiques dans le domaine de la santé génèrent des preuves pour guider les décisions cliniques, les évaluations technologiques, les politiques de la santé et la recherche future. Depuis , notre Groupe de travail des genres et des sexes sur les examens systématiques se consacre à un projet visant à faire en sorte que les examens systématiques dans le domaine de la santé tiennent compte des différences et des ressemblances entre les sexes et les genres en vue d'améliorer les résultats en matière de santé pour les femmes et pour les hommes.

Pour deux d'entre nous Madeline et Sari , ce mal-aise a commencé avec notre travail dans le mouvement pour la santé des femmes, au cours des années Nous produisions de l'information sur la santé à l'intention des consommatrices, nous écrivions des documents de politique et nous participions à des coalitions de promotion de soins de qualité, incluant l'utilisation sûre, efficace et rationnelle de médicaments pour les femmes.

En collaboration avec d'autres chercheuses, praticiennes de la santé et consommatrices, nous examinions les preuves scientifiques sur les contraceptifs p. Deux cas en particulier nous ont appris que les décisions cliniques qui ne sont pas basées sur des preuves solides pouvaient causer bien du mal.

En , les résultats d'essais aléatoires contrôlés ont démontré que l'hormonothérapie causait plus de tort que de bien, mais des milliers de femmes à qui on l'avait prescrite avaient déjà eu des cancers du sein, des maladies cardiaques ou des accidents vasculaires cérébraux, ou encore souffert de démence National Heart, Lung and Blood Institute, sans date.

Nous déplorions également l'exclusion des femmes des essais cliniques. On partait largement de l'hypothèse que la plupart des conclusions dérivées de la recherche sur des sujets du sexe masculin — animaux et humains — pouvaient être extrapolées au sexe féminin. Ces cas-là et d'autres nous incitaient à interpréter les données sur la santé avec prudence. Nous avons appris à examiner soigneusement la conception et la qualité des études afin d'évaluer la fiabilité, la validité et l'applicabilité de leurs résultats.

Nous demandions qui était inclus et exclus en termes de sexe, d'âge, d'ethnicité, d'antécédents socioéconomiques et d'autres caractéristiques. Les politiques sont favorables à une plus grande inclusion des femmes dans les essais cliniques depuis le début des années , mais des lacunes persistaient.

Les enfants et les personnes âgées étaient communément exclus du champ des études. Nous cherchions à comprendre les implications de ces pratiques de recherche par souci d'équité en santé. Au début du XXIe siècle, on avait fait des progrès en vue de comprendre la dynamique complexe du sexe et du genre comme constructions sociales et comme déterminants de la santé. On avait trouvé des preuves solides de l'influence du sexe et du genre en pharmacokinétique et en pharmacodynamique, ainsi que dans l'expression génétique, la prévalence, la déclaration et la gravité des pathologies, les expériences subjectives de troubles comme la dépression et la douleur chronique, les réactions aux interventions en matière de santé, l'utilisation des systèmes de santé et de nombreux autres processus influant sur la santé.

Le processus d'examen favorisait la présentation de données démographiques et d'analyses de sous-groupes pour tenter de répondre à la question de savoir à qui les preuves s'appliquent.

De même, certains chercheurs de Cochrane commençaient à s'attaquer dans leurs examens à des questions liées à l'équité, dont le genre. Nous avons souligné que les examens récents révélaient une inexistence quasi-totale de ce type d'analyse, en proposant qu'on l'inclue systématiquement dans les examens systématiques. Notre initiative a été accueillie avec enthousiasme, et nous avons accepté de collaborer avec les membres du Groupe d'équité des méthodes de Campbell et Cochrane. En , notre duo était devenu sans heurts un quatuor, avec l'ajout de Marion et de Vivien, étudiantes au doctorat en santé des populations à l'Université d'Ottawa.

Intégration du sexe et du genre aux examens systématiques: Boscoe , mai , communication présentée à Combiner les forces pour améliorer les examens systématiques: Adaptée par les auteures originales. Nous avons bénéficié de nombreuses collaborations et discussions avec des chercheuses, des analystes des politiques, des praticiennes de la santé, des examinatrices, des bibliothécaires, des étudiantes et des groupes de femmes du Canada et de l'étranger.

Pour faciliter le dialogue entre les examinateurs systématiques et les utilisateurs des données sur la santé, nous avons été en mai les hôtes d'une rencontre de deux jours intitulée Combiner les forces pour améliorer les examens systématiques: Cette rencontre a accueilli une trentaine de personnes qui ont partagé leurs approches et leurs défis méthodologiques pour mieux déterminer à qui les données recueillies s'appliquent.

Toutes les personnes qui ont participé ont convenu de combiner leurs forces et elles ont élaboré un plan d'action pour améliorer l'applicabilité des examens systématiques. Notre travail nous a donné des idées de la façon dont les connaissances sont établies, organisées et appliquées.

Les questions qu'il faut se poser avant d'embarquer pour un voyage dans le système des connaissances consistent à savoir qui décide ce qu'on va étudier et comment on l'étudiera. Cette réalisation était non seulement étonnante, elle m'a donné un choc. Ça me semblait particulièrement injuste et non scientifique, pas seulement pour les femmes et pour les filles, mais aussi pour les garçons et pour les hommes.

Avant ce projet, je travaillais sur un examen systématique concernant les femmes séropositives. Il était difficile de trouver des études portant exclusivement sur des femmes ou déclarant des résultats pour des femmes. Cela me frustrait et m'étonnait. Les questions posées par les chercheurs reflétaient souvent leurs hypothèses sur le sexe et le genre; les jeunes hommes se font surtout poser des questions sur la violence et l'agression, mais rarement sur l'amour, et les jeunes femmes sont surtout interrogées sur leur impuissance, pas sur leur puissance.

Grâce à notre collaboration, je vois plus clairement comment comprendre l'efficacité des interventions pour les hommes, les femmes et les enfants reste élusive lorsqu'on ne précise pas les différences et que les hypothèses restent incontestées. En tant que résumés des preuves distillées des études primaires, les examens systématiques sont un point ultime de la production du savoir.

Même dans le domaine des maladies cardiovasculaires, où les différences entre les sexes et les genres sont connues et où les ignorer peut causer du tort, notre recherche a prouvé que ces examens reproduisaient les omissions des études primaires. Poser des questions sur le sexe et le genre à chaque étape pour pouvoir noter ou éliminer les différences potentiellement importantes contribue à assurer la qualité des preuves.

Nous sommes également arrivées à mieux comprendre comment le sexe et le genre sont des constructions complexes révélant les interrelations entre les processus biologiques et sociaux durant toute notre vie. Il existe une abondante littérature transdisciplinaire sur cette dynamique, mais nous en sommes encore aux premiers stades de l'élaboration des approches conceptuelles et des outils méthodologiques nécessaires pour expliquer et mesurer ces processus et ces interactions avec les autres déterminants en matière de santé et avec les autres identités.

Peu d'études primaires ou d'examens systématiques évalués dans notre recherche contenaient même de l'information contextuelle de base sur les différences en fonction du sexe et du genre dans la prévalence et la gravité d'une pathologie ou tenaient compte des défis différents auxquels les hommes et les femmes de différents âges et de différentes origines pourraient devoir faire face quand ils sont malades pour avoir accès à des soins.

Nous estimons que les chercheurs et les responsables des examens systématiques ont besoin d'outils pratiques pour opérationnaliser et mesurer le sexe et le genre en relation avec les autres déterminants de la santé et les contextes dans lesquels les interventions de santé ont lieu. Le défi consiste à trouver des moyens efficaces et systématiques appropriés à une question de recherche particulière pouvant combiner efficacement les approches conceptuelles et les méthodes, y compris les méthodes ethnographiques et les autres méthodes qualitatives, pour renforcer la preuve de meilleurs résultats pour la santé.

Low rate of sex-specific result reporting in cardiovascular trials. Mayo Clinic Proceedings, 82, Relevance to Cochrane systematic reviews: Communication présentée au 7e Symposium canadien Cochrane, Halifax N.

Applying gender-based analysis to evidence and policy. Cochrane Collaboration , mai. Glossary of terms in the Cochrane Collaboration en anglais seulement. Does the administration of diethylstilbestrol during pregnancy have therapeutic value? American Journal of Obstetrics and Gynecology, 66 5 , Applying sex- and gender-based analysis SGBA to Cochrane systematic reviews on cardiovascular diseases. Journal of Women's Health, 19 5 , Sex and gender in systematic reviews: Communication présentée à Combiner les forces pour améliorer les examens systématiques: The haunting of medical journals: How ghostwriting sold HRT.

PLoS Med, 7, e National Heart, Lung and Blood Institute sans date. Findings from the women's health initiative postmenopausal hormone therapy trials en anglais seulement. Politique en matière d'analyse comparative fondée sur le sexe et le genre du portefeuille de la Santé du gouvernement du Canada. Combiner les forces pour améliorer les examens systématiques: Nous étions au printemps de ; mes parents s'étaient arrêtés chez des amis au retour de leurs vacances d'hiver en Arizona.

Comme leur hôte faisait la toiture de son garage, mon père s'était naturellement empressé de lui monter des paquets de bardeaux en grimpant l'échelle jusque sur le toit. On l'a transporté bien vite en ambulance à l'hôpital le plus proche, où il s'est fait dire qu'il allait devoir subir d'urgence un triple, voire peut-être un quadruple pontage artériel.

Nous voulions tous y aller, mais ce n'était ni pratique, ni vraiment dans l'intérêt d'aucun d'entre nous. Les quatre garçons, dont je suis le plus jeune, n'avaient d'autre rôle à jouer que d'attendre un appel téléphonique et de garder l'espoir. Poussé par la curiosité et incapable de rester à ne rien faire, j'avais décidé de lire sur les pontages.

C'était vraiment du chinois pour moi, parce qu'à l'époque, je n'avais absolument aucune formation en médecine ni en recherche; j'étais ingénieur industriel subalterne chez Nortel. Comment cela se pouvait-il? On n'aurait certainement pas entrepris une procédure aussi invasive, coûteuse et dangereuse si ce n'était pas clairement la meilleure chose à faire!

Je n'ai pas poussé loin ma lecture, parce que cette littérature était truffée de termes que je ne comprenais pas, et que ce que je comprenais était trop déprimant. Heureusement, l'intervention que mon père a subie s'est bien passée et il s'est bien rétabli. Sautons rapidement en J'étais devenu chercheur scientifique au Centre de la politique des soins de santé du Manitoba, où l'on venait de me confier mon premier rôle de direction d'un grand projet de recherche.

Le rapport du projet portait sur les différences de l'état de santé et de l'utilisation des soins de santé en fonction du sexe au Manitoba; l'objectif consistait à créer un rapport style atlas où tous les indicateurs seraient calculés séparément pour les hommes et pour les femmes Fransoo et al.

Les principales constatations, incluant un examen complet et une discussion de la littérature, ont plus tard été publiées dans Healthcare Policy Fransoo et al. Ce chapitre sur les soins cardiaques et à tout prendre l'ensemble du rapport du Centre aurait été bien moins intéressant n'eut été de mon remarquable groupe de collaborateurs: C'est l'insistance de ce groupe que toutes les analyses soient stratifiées en fonction de l'âge en plus du sexe qui a mené aux révélations les plus importantes.

Nous avons commencé par analyser les pourcentages d'occurrences en fonction de la population des quatre principales procédures cardiaques, le cathétérisme cardiaque, l'angioplastie, l'endoprothèse et le pontage. Le cathétérisme cardiaque, également appelé angiogramme, est une procédure diagnostique utilisée pour déterminer l'étendue et l'emplacement des blocages dans les artères coronaires.

C'est le point de départ des autres procédures, puisque l'information obtenue grâce à l'angiogramme sert à déterminer quels soins cardiaques prodiguer ensuite. L'angioplastie consiste à gonfler un minuscule ballon à l'intérieur d'une artère où le sang circule mal pour l'élargir et accroître le flux sanguin.

La plupart des angioplasties sont maintenant suivies d'une endoprothèse, c'est-à-dire de l'insertion d'un cylindre de métal creux dans l'artère pour qu'elle reste ouverte. On a recours à des pontages pour remplacer les tronçons bloqués des artères coronaires par des greffes prélevées ailleurs dans le corps du patient ou de la patiente. C'est ici que l'histoire devient intéressante. Néanmoins, on s'entendrait globalement pour reconnaître que la plupart des patients ayant eu un diagnostic d'infarctus aigu du myocarde une crise cardiaque devraient s'y soumettre Tran et al.

Notre prochaine étape a donc consisté à créer une cohorte de personnes ayant eu une crise cardiaque. Nous pouvions donc inclure à la fois les personnes hospitalisées pour leur crise cardiaque la méthode habituelle pour trouver les cas et celles dont la crise cardiaque avait été fatale, mais qui n'avaient jamais été admises dans un hôpital parce qu'elles étaient mortes avant d'y arriver.

Nous avons trouvé notre première constatation importante dans les chiffres bruts: Cela nous a incités à réinterpréter immédiatement les pourcentages de procédures: Cette simple différence entre les sexes dans les chiffres bruts explique une grande partie de la différence des pourcentages de procédures, mais l'histoire ne s'arrête pas là. Il faudrait noter ici que nos données ne nous permettent que d'identifier le sexe et non le genre, de sorte que les différences constatées dans les résultats peuvent refléter les différences en fonction du sexe biologiques ou du genre sociales , ou encore une combinaison des deux.

Nous avons ensuite suivi la cohorte pendant un an. Le facteur suivant dont il fallait tenir compte était l'âge, puisque les études antérieures avaient démontré qu'en moyenne, les hommes subissaient des crises cardiaques quand ils avaient 8 à 10 ans de moins que les femmes à 68 ans contre 76 ans dans notre cohorte. En soi, cela n'était peut-être pas une différence particulièrement marquée, mais elle était néanmoins critique en raison de son interaction avec le dernier facteur, la baisse rapide des pourcentages de procédures avec l'âge.

Les intervalles de confiance qui se recoupent indiquent que dans tous les groupes d'âge de cinq ans, il n'y avait pas de différence importante entre les pourcentages pour les hommes et les pourcentages pour les femmes.

Cette combinaison de facteurs était entièrement incompatible avec les constatations initiales. Pourcentage des patients ayant eu une crise cardiaque qui subissent un cathétérisme cardiaque, selon le sexe et le groupe d'âge. Katz , Healthcare Policy , 6, p. Droit d'auteur Longwoods Publishing Corporation.

Nous avons donc conclu qu'il n'y avait pas de biais du sexe ni du genre en soins cardiaques, même si l'âge des patients au moment de la crise cardiaque était critique. Les hommes n'étaient pas traités plus agressivement que les femmes, mais ceux et celles qui étaient plus jeunes au moment de la crise cardiaque étaient traités plus agressivement que les plus âgés.

Comme les femmes sont plus âgées quand elles ont des crises cardiaques, elles sont moins susceptibles de recevoir les traitements invasifs typiques. Dans chaque groupe d'âge, les hommes et les femmes étaient traités également, et cette constatation se reflète dans virtuellement toutes les études sur le sujet réalisées depuis pour un examen complet de la littérature, voir Fransoo et al. C'est grâce à notre analyse basée sur les sexes que nous avons réussi à découvrir l'important effet de l'âge sur les pourcentages de traitement après une crise cardiaque.

L'analyse selon le sexe nous a donné une fenêtre qui a facilité la compréhension des mécanismes sous-jacents aux inégalités apparentes. Cela dit, démontrer l'égalité entre les hommes et les femmes quant aux pourcentages de traitement après une crise cardiaque n'élimine pas les différences liées au genre et au sexe ni les questions relatives aux facteurs de risque cardiaques, aux diagnostics, aux préférences des patients ou à l'efficacité des traitements.

Environ 14 ans après ses pontages trois ans avant le début de ce projet de recherche , mon père a été terrassé par un grave accident vasculaire cérébral dont il n'est jamais revenu. Agence de la santé publique du Canada Differences in the use of procedures between women and men hospitalized for coronary heart disease. The New England Journal of Medicine, , Observations of the treatment of women in the United States with myocardial infarction: Archives of Internal Medicine, , Sex differences in health status, health care use, and quality of care.

Centre d'élaboration de la politique des soins de santé du Manitoba. Age difference explains gender difference in cardiac intervention rates after acute myocardial infarction. Healthcare Policy, 6, Sex differences in the use of invasive coronary procedures in Ontario.

Canadian Journal of Cardiology, 10, Cardiac procedures after an acute myocardial infarction across nine Canadian provinces. Canadian Journal of Cardiology, 20, Data quality in an information-rich environment: Canada as an example.

Canadian Journal of Aging, 24 Suppl. Canadian Journal of Cardiology, 19, La recherche décrite dans ce chapitre a bénéficiée de l'aide financière des Instituts de recherche en santé du Canada dans le cadre du Programme des alliances communautaires pour la recherche en santé [CPP ] et de celle du ministère de la Santé du Manitoba. Notre équipe de recherche a étudié les expositions en milieu de travail associées à ces troubles.

Dans ce chapitre, nous expliquons pourquoi nous avons étudié les hommes et les femmes séparément dans notre recherche et ce que cela nous a révélé quant aux effets du travail sur la santé. Il vaut la peine ici de préciser notre terminologie: Cette relation a également été constatée dans d'autres études. Nous nous intéressions particulièrement aux effets de la station debout prolongée, dont les associations aux troubles musculo-squelettiques n'avaient pas été étudiée de façon approfondie.

Nous voulions savoir si cette posture était associée à des douleurs au dos ou aux membres inférieurs et comment d'autres expositions au travail, comme l'obligation de soulever de lourdes charges ou l'exposition à des vibrations, influaient sur cette relation. L'ESS comprenait des questions sur la posture habituelle de travail et sur la mobilité au travail. Pourquoi les femmes travaillant debout éprouvaient-elles plus de douleurs que leurs collègues masculins en pareille posture?

Il est possible que les postures des femmes qui travaillent debout soient différentes de celles des hommes qui travaillent debout. En fait, nous avons constaté que les femmes travaillant debout sont nettement moins susceptibles de se déplacer pendant leur travail que leurs homologues masculins Tableau Un facteur de confusion peut causer ou prévenir l'effet étudié, est associé à la ou aux variables d'exposition à l'étude et ne se situe pas dans l'enchaînement causal qui les relie.

Nous avons donc décidé d'avoir recours à une autre procédure statistique, la stratification, dans laquelle les données sur les femmes et sur les hommes sont examinées séparément Messing et al. Les analyses effectuées constituaient le tout premier examen approfondi des symptômes de douleurs musculo-squelettiques au bas du dos et aux membres inférieurs en rapport avec l'exposition à la posture debout prolongée et d'autres facteurs professionnels Messing et al.

Nous avons constaté que la posture debout prolongée sans possibilité de s'asseoir et plusieurs autres expositions au travail étaient associées à ces symptômes. Par exemple, l'exposition à des vibrations affectant tout le corps était extrêmement faible chez les femmes, et l'attention sexuelle non désirée était tout aussi rare chez les hommes.

Si nous n'avions pas eu recours à la stratification, certaines associations constatées seulement pour les femmes ou pour les hommes n'auraient pas été détectées ou auraient été grandement sous-estimées et, si elles avaient été détectées, elles auraient été attribuées à tort aux hommes et aux femmes. Faire plus de pas pourrait avoir accru le risque de douleur aux pieds pour les femmes. Plusieurs autres expressions de l'instrument d'enquête ne mesuraient pas la même exposition chez les hommes et les femmes de l'échantillon.

Un total de 4 des 20 plus importantes professions des femmes québécoises sont de ce type, mais aucune des 20 plus importantes professions des hommes québécois ne l'est Institut de la statistique du Québec, sans date. Cette différence peut être liée à des variations de la charge de travail associée aux soins des enfants pour les femmes, comparativement aux hommes.

Dans ce cas-ci, une meilleure appréciation des expositions associées aux responsabilités familiales serait utile. En d'autres termes, si la mesure grossière de certaines expositions professionnelles basées sur un questionnaire était incapable de distinguer d'importantes différences d'intensité, de fréquence ou de durée des expositions entre les femmes et les hommes, leurs réponses pourtant identiques n'auraient pas la même signification Messing et al.

Caissières à Sao Paulo, au Brésil. Contrairement à leurs homologues d'Amérique du Nord, les caissières d'Europe, d'Asie, d'Amérique du Sud et d'Afrique travaillent assises, dans une posture qui n'est pas associée à des douleurs aux jambes ou au dos.

Il s'ensuit que seules de grandes populations d'enquête ou un suréchantillonnage des emplois non traditionnels auraient rendu possibles des analyses englobant tous les termes d'interactions pertinents. Par conséquent, lorsqu'on effectue une analyse par régression multiple pour étudier les relations entre l'exposition et l'effet, une analyse stratifiée est préférable pour la plupart des populations d'enquête.

Globalement, notre but dans ces études consistait à améliorer les conditions de travail dommageables pour la santé. Avec les études sur les effets de la posture debout sur la santé, nous voulions examiner les données scientifiques pertinentes pour juger des avantages de fournir des sièges pour les travailleuses et les travailleurs dont les postes de travail leur permettraient de travailler assis.

Puisque les données confirment l'existence d'une relation entre la posture debout prolongée et plusieurs effets néfastes pour la santé, les femmes et les hommes qui travaillent debout pourraient bien bénéficier d'un accès à des sièges. Institut de la statistique du Québec. Indicators for choosing an optimal mix of major working postures. Applied Ergonomics, 37 , —

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Sur le même sujet. Child's stress hormone levels correlate with mother's socioeconomic status and depressive state. Biological Psychiatry, 48 , — The effects of stress and stress hormones on human cognition: Implications for the field of brain and cognition. Brain and Cognition, 65, — Beyond the stress concept: Allostatic load — a developmental biological and cognitive perspective. Developmental neuroscience 2nd ed. Stress and the individual: Mechanisms leading to disease.

Archives of Internal Medicine, , — Sex differences in stress responses: Social rejection versus achievement stress. Biological Psychiatry, 53 , — Biobehavioral responses to stress in females: Psychological Reviews, , — Lupien est titulaire d'une chaire pour chercheur chevronné en Stress, genre, sexe et santé mentale de l'Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC [GSC ]. Les examens systématiques dans le domaine de la santé génèrent des preuves pour guider les décisions cliniques, les évaluations technologiques, les politiques de la santé et la recherche future.

Depuis , notre Groupe de travail des genres et des sexes sur les examens systématiques se consacre à un projet visant à faire en sorte que les examens systématiques dans le domaine de la santé tiennent compte des différences et des ressemblances entre les sexes et les genres en vue d'améliorer les résultats en matière de santé pour les femmes et pour les hommes.

Pour deux d'entre nous Madeline et Sari , ce mal-aise a commencé avec notre travail dans le mouvement pour la santé des femmes, au cours des années Nous produisions de l'information sur la santé à l'intention des consommatrices, nous écrivions des documents de politique et nous participions à des coalitions de promotion de soins de qualité, incluant l'utilisation sûre, efficace et rationnelle de médicaments pour les femmes.

En collaboration avec d'autres chercheuses, praticiennes de la santé et consommatrices, nous examinions les preuves scientifiques sur les contraceptifs p. Deux cas en particulier nous ont appris que les décisions cliniques qui ne sont pas basées sur des preuves solides pouvaient causer bien du mal.

En , les résultats d'essais aléatoires contrôlés ont démontré que l'hormonothérapie causait plus de tort que de bien, mais des milliers de femmes à qui on l'avait prescrite avaient déjà eu des cancers du sein, des maladies cardiaques ou des accidents vasculaires cérébraux, ou encore souffert de démence National Heart, Lung and Blood Institute, sans date.

Nous déplorions également l'exclusion des femmes des essais cliniques. On partait largement de l'hypothèse que la plupart des conclusions dérivées de la recherche sur des sujets du sexe masculin — animaux et humains — pouvaient être extrapolées au sexe féminin. Ces cas-là et d'autres nous incitaient à interpréter les données sur la santé avec prudence.

Nous avons appris à examiner soigneusement la conception et la qualité des études afin d'évaluer la fiabilité, la validité et l'applicabilité de leurs résultats. Nous demandions qui était inclus et exclus en termes de sexe, d'âge, d'ethnicité, d'antécédents socioéconomiques et d'autres caractéristiques. Les politiques sont favorables à une plus grande inclusion des femmes dans les essais cliniques depuis le début des années , mais des lacunes persistaient.

Les enfants et les personnes âgées étaient communément exclus du champ des études. Nous cherchions à comprendre les implications de ces pratiques de recherche par souci d'équité en santé. Au début du XXIe siècle, on avait fait des progrès en vue de comprendre la dynamique complexe du sexe et du genre comme constructions sociales et comme déterminants de la santé. On avait trouvé des preuves solides de l'influence du sexe et du genre en pharmacokinétique et en pharmacodynamique, ainsi que dans l'expression génétique, la prévalence, la déclaration et la gravité des pathologies, les expériences subjectives de troubles comme la dépression et la douleur chronique, les réactions aux interventions en matière de santé, l'utilisation des systèmes de santé et de nombreux autres processus influant sur la santé.

Le processus d'examen favorisait la présentation de données démographiques et d'analyses de sous-groupes pour tenter de répondre à la question de savoir à qui les preuves s'appliquent. De même, certains chercheurs de Cochrane commençaient à s'attaquer dans leurs examens à des questions liées à l'équité, dont le genre. Nous avons souligné que les examens récents révélaient une inexistence quasi-totale de ce type d'analyse, en proposant qu'on l'inclue systématiquement dans les examens systématiques.

Notre initiative a été accueillie avec enthousiasme, et nous avons accepté de collaborer avec les membres du Groupe d'équité des méthodes de Campbell et Cochrane. En , notre duo était devenu sans heurts un quatuor, avec l'ajout de Marion et de Vivien, étudiantes au doctorat en santé des populations à l'Université d'Ottawa. Intégration du sexe et du genre aux examens systématiques: Boscoe , mai , communication présentée à Combiner les forces pour améliorer les examens systématiques: Adaptée par les auteures originales.

Nous avons bénéficié de nombreuses collaborations et discussions avec des chercheuses, des analystes des politiques, des praticiennes de la santé, des examinatrices, des bibliothécaires, des étudiantes et des groupes de femmes du Canada et de l'étranger. Pour faciliter le dialogue entre les examinateurs systématiques et les utilisateurs des données sur la santé, nous avons été en mai les hôtes d'une rencontre de deux jours intitulée Combiner les forces pour améliorer les examens systématiques: Cette rencontre a accueilli une trentaine de personnes qui ont partagé leurs approches et leurs défis méthodologiques pour mieux déterminer à qui les données recueillies s'appliquent.

Toutes les personnes qui ont participé ont convenu de combiner leurs forces et elles ont élaboré un plan d'action pour améliorer l'applicabilité des examens systématiques.

Notre travail nous a donné des idées de la façon dont les connaissances sont établies, organisées et appliquées. Les questions qu'il faut se poser avant d'embarquer pour un voyage dans le système des connaissances consistent à savoir qui décide ce qu'on va étudier et comment on l'étudiera.

Cette réalisation était non seulement étonnante, elle m'a donné un choc. Ça me semblait particulièrement injuste et non scientifique, pas seulement pour les femmes et pour les filles, mais aussi pour les garçons et pour les hommes. Avant ce projet, je travaillais sur un examen systématique concernant les femmes séropositives. Il était difficile de trouver des études portant exclusivement sur des femmes ou déclarant des résultats pour des femmes.

Cela me frustrait et m'étonnait. Les questions posées par les chercheurs reflétaient souvent leurs hypothèses sur le sexe et le genre; les jeunes hommes se font surtout poser des questions sur la violence et l'agression, mais rarement sur l'amour, et les jeunes femmes sont surtout interrogées sur leur impuissance, pas sur leur puissance. Grâce à notre collaboration, je vois plus clairement comment comprendre l'efficacité des interventions pour les hommes, les femmes et les enfants reste élusive lorsqu'on ne précise pas les différences et que les hypothèses restent incontestées.

En tant que résumés des preuves distillées des études primaires, les examens systématiques sont un point ultime de la production du savoir. Même dans le domaine des maladies cardiovasculaires, où les différences entre les sexes et les genres sont connues et où les ignorer peut causer du tort, notre recherche a prouvé que ces examens reproduisaient les omissions des études primaires.

Poser des questions sur le sexe et le genre à chaque étape pour pouvoir noter ou éliminer les différences potentiellement importantes contribue à assurer la qualité des preuves. Nous sommes également arrivées à mieux comprendre comment le sexe et le genre sont des constructions complexes révélant les interrelations entre les processus biologiques et sociaux durant toute notre vie. Il existe une abondante littérature transdisciplinaire sur cette dynamique, mais nous en sommes encore aux premiers stades de l'élaboration des approches conceptuelles et des outils méthodologiques nécessaires pour expliquer et mesurer ces processus et ces interactions avec les autres déterminants en matière de santé et avec les autres identités.

Peu d'études primaires ou d'examens systématiques évalués dans notre recherche contenaient même de l'information contextuelle de base sur les différences en fonction du sexe et du genre dans la prévalence et la gravité d'une pathologie ou tenaient compte des défis différents auxquels les hommes et les femmes de différents âges et de différentes origines pourraient devoir faire face quand ils sont malades pour avoir accès à des soins.

Nous estimons que les chercheurs et les responsables des examens systématiques ont besoin d'outils pratiques pour opérationnaliser et mesurer le sexe et le genre en relation avec les autres déterminants de la santé et les contextes dans lesquels les interventions de santé ont lieu.

Le défi consiste à trouver des moyens efficaces et systématiques appropriés à une question de recherche particulière pouvant combiner efficacement les approches conceptuelles et les méthodes, y compris les méthodes ethnographiques et les autres méthodes qualitatives, pour renforcer la preuve de meilleurs résultats pour la santé. Low rate of sex-specific result reporting in cardiovascular trials.

Mayo Clinic Proceedings, 82, Relevance to Cochrane systematic reviews: Communication présentée au 7e Symposium canadien Cochrane, Halifax N. Applying gender-based analysis to evidence and policy. Cochrane Collaboration , mai. Glossary of terms in the Cochrane Collaboration en anglais seulement. Does the administration of diethylstilbestrol during pregnancy have therapeutic value?

American Journal of Obstetrics and Gynecology, 66 5 , Applying sex- and gender-based analysis SGBA to Cochrane systematic reviews on cardiovascular diseases. Journal of Women's Health, 19 5 , Sex and gender in systematic reviews: Communication présentée à Combiner les forces pour améliorer les examens systématiques: The haunting of medical journals: How ghostwriting sold HRT.

PLoS Med, 7, e National Heart, Lung and Blood Institute sans date. Findings from the women's health initiative postmenopausal hormone therapy trials en anglais seulement. Politique en matière d'analyse comparative fondée sur le sexe et le genre du portefeuille de la Santé du gouvernement du Canada. Combiner les forces pour améliorer les examens systématiques: Nous étions au printemps de ; mes parents s'étaient arrêtés chez des amis au retour de leurs vacances d'hiver en Arizona.

Comme leur hôte faisait la toiture de son garage, mon père s'était naturellement empressé de lui monter des paquets de bardeaux en grimpant l'échelle jusque sur le toit. On l'a transporté bien vite en ambulance à l'hôpital le plus proche, où il s'est fait dire qu'il allait devoir subir d'urgence un triple, voire peut-être un quadruple pontage artériel. Nous voulions tous y aller, mais ce n'était ni pratique, ni vraiment dans l'intérêt d'aucun d'entre nous.

Les quatre garçons, dont je suis le plus jeune, n'avaient d'autre rôle à jouer que d'attendre un appel téléphonique et de garder l'espoir. Poussé par la curiosité et incapable de rester à ne rien faire, j'avais décidé de lire sur les pontages. C'était vraiment du chinois pour moi, parce qu'à l'époque, je n'avais absolument aucune formation en médecine ni en recherche; j'étais ingénieur industriel subalterne chez Nortel.

Comment cela se pouvait-il? On n'aurait certainement pas entrepris une procédure aussi invasive, coûteuse et dangereuse si ce n'était pas clairement la meilleure chose à faire!

Je n'ai pas poussé loin ma lecture, parce que cette littérature était truffée de termes que je ne comprenais pas, et que ce que je comprenais était trop déprimant.

Heureusement, l'intervention que mon père a subie s'est bien passée et il s'est bien rétabli. Sautons rapidement en J'étais devenu chercheur scientifique au Centre de la politique des soins de santé du Manitoba, où l'on venait de me confier mon premier rôle de direction d'un grand projet de recherche.

Le rapport du projet portait sur les différences de l'état de santé et de l'utilisation des soins de santé en fonction du sexe au Manitoba; l'objectif consistait à créer un rapport style atlas où tous les indicateurs seraient calculés séparément pour les hommes et pour les femmes Fransoo et al. Les principales constatations, incluant un examen complet et une discussion de la littérature, ont plus tard été publiées dans Healthcare Policy Fransoo et al.

Ce chapitre sur les soins cardiaques et à tout prendre l'ensemble du rapport du Centre aurait été bien moins intéressant n'eut été de mon remarquable groupe de collaborateurs: C'est l'insistance de ce groupe que toutes les analyses soient stratifiées en fonction de l'âge en plus du sexe qui a mené aux révélations les plus importantes.

Nous avons commencé par analyser les pourcentages d'occurrences en fonction de la population des quatre principales procédures cardiaques, le cathétérisme cardiaque, l'angioplastie, l'endoprothèse et le pontage. Le cathétérisme cardiaque, également appelé angiogramme, est une procédure diagnostique utilisée pour déterminer l'étendue et l'emplacement des blocages dans les artères coronaires. C'est le point de départ des autres procédures, puisque l'information obtenue grâce à l'angiogramme sert à déterminer quels soins cardiaques prodiguer ensuite.

L'angioplastie consiste à gonfler un minuscule ballon à l'intérieur d'une artère où le sang circule mal pour l'élargir et accroître le flux sanguin. La plupart des angioplasties sont maintenant suivies d'une endoprothèse, c'est-à-dire de l'insertion d'un cylindre de métal creux dans l'artère pour qu'elle reste ouverte.

On a recours à des pontages pour remplacer les tronçons bloqués des artères coronaires par des greffes prélevées ailleurs dans le corps du patient ou de la patiente. C'est ici que l'histoire devient intéressante. Néanmoins, on s'entendrait globalement pour reconnaître que la plupart des patients ayant eu un diagnostic d'infarctus aigu du myocarde une crise cardiaque devraient s'y soumettre Tran et al. Notre prochaine étape a donc consisté à créer une cohorte de personnes ayant eu une crise cardiaque.

Nous pouvions donc inclure à la fois les personnes hospitalisées pour leur crise cardiaque la méthode habituelle pour trouver les cas et celles dont la crise cardiaque avait été fatale, mais qui n'avaient jamais été admises dans un hôpital parce qu'elles étaient mortes avant d'y arriver. Nous avons trouvé notre première constatation importante dans les chiffres bruts: Cela nous a incités à réinterpréter immédiatement les pourcentages de procédures: Cette simple différence entre les sexes dans les chiffres bruts explique une grande partie de la différence des pourcentages de procédures, mais l'histoire ne s'arrête pas là.

Il faudrait noter ici que nos données ne nous permettent que d'identifier le sexe et non le genre, de sorte que les différences constatées dans les résultats peuvent refléter les différences en fonction du sexe biologiques ou du genre sociales , ou encore une combinaison des deux. Nous avons ensuite suivi la cohorte pendant un an. Le facteur suivant dont il fallait tenir compte était l'âge, puisque les études antérieures avaient démontré qu'en moyenne, les hommes subissaient des crises cardiaques quand ils avaient 8 à 10 ans de moins que les femmes à 68 ans contre 76 ans dans notre cohorte.

En soi, cela n'était peut-être pas une différence particulièrement marquée, mais elle était néanmoins critique en raison de son interaction avec le dernier facteur, la baisse rapide des pourcentages de procédures avec l'âge. Les intervalles de confiance qui se recoupent indiquent que dans tous les groupes d'âge de cinq ans, il n'y avait pas de différence importante entre les pourcentages pour les hommes et les pourcentages pour les femmes.

Cette combinaison de facteurs était entièrement incompatible avec les constatations initiales. Pourcentage des patients ayant eu une crise cardiaque qui subissent un cathétérisme cardiaque, selon le sexe et le groupe d'âge. Katz , Healthcare Policy , 6, p. Droit d'auteur Longwoods Publishing Corporation. Nous avons donc conclu qu'il n'y avait pas de biais du sexe ni du genre en soins cardiaques, même si l'âge des patients au moment de la crise cardiaque était critique.

Les hommes n'étaient pas traités plus agressivement que les femmes, mais ceux et celles qui étaient plus jeunes au moment de la crise cardiaque étaient traités plus agressivement que les plus âgés.

Comme les femmes sont plus âgées quand elles ont des crises cardiaques, elles sont moins susceptibles de recevoir les traitements invasifs typiques. Dans chaque groupe d'âge, les hommes et les femmes étaient traités également, et cette constatation se reflète dans virtuellement toutes les études sur le sujet réalisées depuis pour un examen complet de la littérature, voir Fransoo et al. C'est grâce à notre analyse basée sur les sexes que nous avons réussi à découvrir l'important effet de l'âge sur les pourcentages de traitement après une crise cardiaque.

L'analyse selon le sexe nous a donné une fenêtre qui a facilité la compréhension des mécanismes sous-jacents aux inégalités apparentes. Cela dit, démontrer l'égalité entre les hommes et les femmes quant aux pourcentages de traitement après une crise cardiaque n'élimine pas les différences liées au genre et au sexe ni les questions relatives aux facteurs de risque cardiaques, aux diagnostics, aux préférences des patients ou à l'efficacité des traitements.

Environ 14 ans après ses pontages trois ans avant le début de ce projet de recherche , mon père a été terrassé par un grave accident vasculaire cérébral dont il n'est jamais revenu. Agence de la santé publique du Canada Differences in the use of procedures between women and men hospitalized for coronary heart disease. The New England Journal of Medicine, , Observations of the treatment of women in the United States with myocardial infarction: Archives of Internal Medicine, , Sex differences in health status, health care use, and quality of care.

Centre d'élaboration de la politique des soins de santé du Manitoba. Age difference explains gender difference in cardiac intervention rates after acute myocardial infarction.

Healthcare Policy, 6, Sex differences in the use of invasive coronary procedures in Ontario. Canadian Journal of Cardiology, 10, Cardiac procedures after an acute myocardial infarction across nine Canadian provinces. Canadian Journal of Cardiology, 20, Data quality in an information-rich environment: Canada as an example. Canadian Journal of Aging, 24 Suppl. Canadian Journal of Cardiology, 19, La recherche décrite dans ce chapitre a bénéficiée de l'aide financière des Instituts de recherche en santé du Canada dans le cadre du Programme des alliances communautaires pour la recherche en santé [CPP ] et de celle du ministère de la Santé du Manitoba.

Notre équipe de recherche a étudié les expositions en milieu de travail associées à ces troubles. Dans ce chapitre, nous expliquons pourquoi nous avons étudié les hommes et les femmes séparément dans notre recherche et ce que cela nous a révélé quant aux effets du travail sur la santé. Il vaut la peine ici de préciser notre terminologie: Cette relation a également été constatée dans d'autres études. Nous nous intéressions particulièrement aux effets de la station debout prolongée, dont les associations aux troubles musculo-squelettiques n'avaient pas été étudiée de façon approfondie.

Nous voulions savoir si cette posture était associée à des douleurs au dos ou aux membres inférieurs et comment d'autres expositions au travail, comme l'obligation de soulever de lourdes charges ou l'exposition à des vibrations, influaient sur cette relation. L'ESS comprenait des questions sur la posture habituelle de travail et sur la mobilité au travail. Pourquoi les femmes travaillant debout éprouvaient-elles plus de douleurs que leurs collègues masculins en pareille posture?

Il est possible que les postures des femmes qui travaillent debout soient différentes de celles des hommes qui travaillent debout. En fait, nous avons constaté que les femmes travaillant debout sont nettement moins susceptibles de se déplacer pendant leur travail que leurs homologues masculins Tableau Un facteur de confusion peut causer ou prévenir l'effet étudié, est associé à la ou aux variables d'exposition à l'étude et ne se situe pas dans l'enchaînement causal qui les relie.

Nous avons donc décidé d'avoir recours à une autre procédure statistique, la stratification, dans laquelle les données sur les femmes et sur les hommes sont examinées séparément Messing et al.

Les analyses effectuées constituaient le tout premier examen approfondi des symptômes de douleurs musculo-squelettiques au bas du dos et aux membres inférieurs en rapport avec l'exposition à la posture debout prolongée et d'autres facteurs professionnels Messing et al. Nous avons constaté que la posture debout prolongée sans possibilité de s'asseoir et plusieurs autres expositions au travail étaient associées à ces symptômes.

Par exemple, l'exposition à des vibrations affectant tout le corps était extrêmement faible chez les femmes, et l'attention sexuelle non désirée était tout aussi rare chez les hommes. Si nous n'avions pas eu recours à la stratification, certaines associations constatées seulement pour les femmes ou pour les hommes n'auraient pas été détectées ou auraient été grandement sous-estimées et, si elles avaient été détectées, elles auraient été attribuées à tort aux hommes et aux femmes.

Faire plus de pas pourrait avoir accru le risque de douleur aux pieds pour les femmes. Plusieurs autres expressions de l'instrument d'enquête ne mesuraient pas la même exposition chez les hommes et les femmes de l'échantillon. Un total de 4 des 20 plus importantes professions des femmes québécoises sont de ce type, mais aucune des 20 plus importantes professions des hommes québécois ne l'est Institut de la statistique du Québec, sans date.

Cette différence peut être liée à des variations de la charge de travail associée aux soins des enfants pour les femmes, comparativement aux hommes. Dans ce cas-ci, une meilleure appréciation des expositions associées aux responsabilités familiales serait utile. En d'autres termes, si la mesure grossière de certaines expositions professionnelles basées sur un questionnaire était incapable de distinguer d'importantes différences d'intensité, de fréquence ou de durée des expositions entre les femmes et les hommes, leurs réponses pourtant identiques n'auraient pas la même signification Messing et al.

Caissières à Sao Paulo, au Brésil. Contrairement à leurs homologues d'Amérique du Nord, les caissières d'Europe, d'Asie, d'Amérique du Sud et d'Afrique travaillent assises, dans une posture qui n'est pas associée à des douleurs aux jambes ou au dos.

Il s'ensuit que seules de grandes populations d'enquête ou un suréchantillonnage des emplois non traditionnels auraient rendu possibles des analyses englobant tous les termes d'interactions pertinents. Par conséquent, lorsqu'on effectue une analyse par régression multiple pour étudier les relations entre l'exposition et l'effet, une analyse stratifiée est préférable pour la plupart des populations d'enquête.

Globalement, notre but dans ces études consistait à améliorer les conditions de travail dommageables pour la santé. Avec les études sur les effets de la posture debout sur la santé, nous voulions examiner les données scientifiques pertinentes pour juger des avantages de fournir des sièges pour les travailleuses et les travailleurs dont les postes de travail leur permettraient de travailler assis.

Puisque les données confirment l'existence d'une relation entre la posture debout prolongée et plusieurs effets néfastes pour la santé, les femmes et les hommes qui travaillent debout pourraient bien bénéficier d'un accès à des sièges.

Institut de la statistique du Québec. Indicators for choosing an optimal mix of major working postures. Applied Ergonomics, 37 , — Be the fairest of them all: Challenges and recommendations for the treatment of gender in occupational health research. American Journal of Industrial Medicine, 43, — Sex, gender and health: The importance of considering mechanism.

Environmental Research, , — Should studies of risk factors for musculoskeletal disorders be stratified by gender? Lessons from the Québec Health and Social Survey. Scandinavian Journal of Work, Environment and Health, 35, 96— Distal lower extremity pain and working postures in the Quebec population.

American Journal of Public Health, 98, — Orthostatic symptoms, blood pressure and working postures of factory and service workers over an observed work day. Applied Ergonomics, 39, — Standing, sitting and associated working conditions in the Quebec population in Studying relations between low back pain and working postures among those who stand and those who sit most of the work day.

Ce chapitre relate la recherche doctorale que j'ai menée au Québec dans sept usines d'une grande aluminerie appartenant à l'un des plus grands producteurs d'aluminium au monde. Il s'agit d'un secteur d'activité reconnu pour ses risques élevés à l'environnement et à la santé et à la sécurité du travail. Mon sujet portait sur l'analyse d'implantation d'un système de gestion intégrée SGI en environnement et en santé et sécurité du travail Savary, Le SGI que j'ai étudié était fondé sur deux normes de prévention des risques: Les efforts d'implantation étaient ainsi dirigés vers le développement de ce type de comportement.

Le prisme de mon questionnement portait sur le mode d'implantation, le degré d'implantation, les effets du SGI ainsi que les facteurs contextuels qui influencent les variations dans le degré d'implantation et les effets du SGI.

Les facteurs contextuels agissent en facilitant ou inhibant le processus d'implantation. Dans la pratique, si on comprend comment ces facteurs exercent leur influence, on peut améliorer l'efficacité et l'efficience d'une intervention. À partir de cette logique, l'identification juste des facteurs contextuels et l'analyse croisée de leur influence sont des éléments cardinaux dans le succès d'une étude d'implantation.

Qu'en est-il lorsqu'un facteur contextuel comme le genre est camouflé par la culture organisationnelle? C'est le début de mon histoire.

La culture organisationnelle est un concept complexe qui englobe des aspects collectifs, comme les valeurs et les normes, qui orientent la manière dont les gens interagissent les uns avec les autres au sein d'une organisation. Le consensus fait défaut dans les études organisationnelles en ce qui concerne les divers éléments qui composent la culture organisationnelle. Malgré cette diversité d'opinion, le genre figure rarement parmi les éléments cités.

Ainsi, quand une majorité de mes 35 répondants gestionnaires et travailleurs d'usine m'ont rapporté la culture organisationnelle comme frein à l'implantation, je n'avais pas soupçonné que cette culture pouvait transcender la dialectique des spécialistes organisationnels pour inclure la dynamique des rôles et des rapports de genre.

Pourtant, une vigilance accordée aux détails du verbatim de mes répondants m'a convaincu a posteriori qu'il fallait isoler le genre de la culture organisationnelle, afin d'apprécier son influence dans le contexte de l'implantation d'un SGI et d'examiner le genre comme un facteur contextuel à part entière. D'abord pour obtenir une explication plus juste du contexte et du degré d'implantation. Ensuite, parce qu'en considérant le genre comme facteur d'influence, on réalise une analyse qualitative plus rigoureuse des variations dans le degré d'implantation.

Le meilleur moyen à ma disposition était de disséquer le processus de recherche pour faire ressortir la force du genre en partant de l'échantillonnage jusqu'au discours des répondants et répondantes sans négliger les signes non verbaux tels que des regards soutenus ou fuyants, des silences prolongés, une phrase soudainement coupée.

Celles-ci occupaient des fonctions de coordonnatrice en environnement ou en santé et sécurité du travail. Elles figuraient aussi parmi les personnes imputables des résultats du SGI dans leur usine respective.

L'organigramme de l'usine et la visite des lieux indiquaient une présence non remarquable de femmes aux postes de directions. À la faveur d'une mobilité interusines, tous les hommes de l'échantillon avaient occupé diverses fonctions et gravi des échelons hiérarchiques. Ces opportunités ont facilité l'accumulation d'un vécu organisationnel plus riche, qui conférait à ces hommes une connaissance de la réalité des usines et du quotidien des opérations, ce qu'ils exploitaient comme un capital professionnel et social.

Le discours des hommes préconisait généralement l'inclusion, l'intolérance, le rejet et la difficulté de collaboration: Ce n'est pas facile de rentrer dans un clan. Il y a des règles, il faut les respecter. Dans cet environnement hautement réglementé, où le travail des opérateurs est soumis à d'énormes contraintes physiques dans des conditions de risques très élevés, certaines activités de contrôle des risques étaient en place avant l'implantation du SGI.

Ceux qui faisaient attention étaient considérés comme des peureux et susceptibles d'être ridiculisés.

Avec des convictions enracinées de ce genre, comment l'entreprise pouvait-elle parvenir à implanter avec succès des comportements sécuritaires? L'une des approches visant à promouvoir l'adoption d'un comportement sécuritaire consistait à avertir ou à rapporter les collègues qui ne travaillaient pas de façon sécuritaire.

Les opérateurs reconnaissaient la légitimité des visites effectuées par les gestionnaires masculins et l'autorité de ces derniers. Ces dynamiques de genre découlent de la masculinisation du processus d'implantation. Pour adopter cette identité et ce rôle féminins particuliers, certains opérateurs suggéraient aux femmes gestionnaires de recourir à six stratégies. Pour faire montre de leur respect envers les opérateurs masculins et éviter d'être rejetées, les femmes gestionnaires devaient adopter un langage et un code vestimentaire au masculin.

Toute différence dans l'habillement et le langage était aussi considérée comme un signe de non appartenance au clan, ce qui pouvait conduire au sabotage des programmes de prévention des risques. Je ne suis pas humilié par leur vêtement et ils m'acceptent. Quand ils t'acceptent, ils iront en enfer pour toi. Autrement ils te font vivre l'enfer. À défaut de l'accoutrement et du langage, on pouvait toujours jouer du charme.

Par exemple, selon les participants, on doit le succès de la campagne du port des équipements protecteurs au fait qu'elle était menée par une femme qui savait charmer. Ils fanfaronnaient une brûlure ou une lacération comme une médaille d'honneur. Il ne fallait pas seulement charmer, il fallait aussi montrer un peu d'amour, c'est-à-dire établir une relation réciproque avec une dimension maternelle. Voici ce que dit un gestionnaire au sujet des difficultés auxquelles les femmes doivent faire face: Ils vont le faire quand t'es là, pis quand t'es pas là, ils s'en fichent.

C'est toi qui es responsable des résultats. C'est toi qui vas payer. Organizational prerequisites for the implementation of systematic health, environment and safety work in enterprises. Safety Science, 30 3 , — Experience in Italian organizations. Journal of Cleaner Production, 16 16 , — Analyse d'implantation d'un système de gestion intégrée en environnement et en santé et sécurité du travail Thèse de doctorat , Université de Montréal, Canada.

A synergetic model for implementing an integrated management system: An empirical study in China. Journal of Cleaner Production en anglais seulement , 15 18 , — La recherche doctorale décrite dans le présent chapitre a été soutenue par Atrion International. Les trans transgenres, transsexuels ou en transition sont une vaste gamme de personnes qui, bien que potentiellement très différentes les unes des autres, ont en commun de se savoir être d'un genre non congruent à celui qu'on leur a attribué à la naissance.

Des indications d'injustices extrêmes aussi bien sociales que liées à la santé ont récemment intensifié la recherche sur les problèmes de santé des trans et accru l'intérêt qu'on leur porte. À titre de chef du Projet des bases de données démographiques dans Sexualités et Genres: Vulnérabilité et Résilience SVR , une équipe de recherche sur la santé des lesbiennes, des gais, des bisexuels et des transgenres LGBT , je me suis efforcée d'assembler un ensemble de bases de données sur la santé des populations comprenant des mesures de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre.

Des mesures ont récemment commencé à apparaître, par exemple dans le Massachusetts Behavioral Risk Factor Surveillance System , quoique la plupart ne comportaient aucun élément relatif à l'identité de genre.

À titre d'enquêteure principale dans une étude basée sur la communauté de la santé des trans Trans PULSE , j'ai été de plus en plus sollicitée par des chercheurs qui me demandaient comment modifier leurs questions démographiques afin d'identifier les participants trans. Dans le cours de mon travail, j'ai constaté qu'il arrive souvent que les identifier n'améliore pas nécessairement la recherche sur la santé des trans et qu'en fait, l'effort déployé pour les inclure peut avoir l'effet involontaire de les exclure totalement.

Si cela semble contre-intuitif, je vais vous expliquer comment c'est possible, avec un exemple de ma propre recherche à mes débuts. En , j'avais recueilli des données d'enquête pour répondre à la question de savoir si les femmes ayant des relations sexuelles avec d'autres femmes sont plus à risque d'avoir des infections transmissibles sexuellement ITS.

Contrairement à toutes les enquêtes que j'avais vues, j'étais fière d'avoir inclus les femmes trans dans la mienne. J'avais demandé aux participantes si elles étaient transgenre et j'avais expressément précisé que lorsqu'elles parlaient de leurs partenaires sexuels, c'est de leur sexe génital dont il était question, pas de leur identité de genre, puisque nous nous intéressions aux ITS. Trois femmes trans avaient répondu au questionnaire.

Pourtant, quand le moment est venu d'analyser les réponses, j'ai fini par faire ce que font beaucoup de chercheurs bien intentionnés: Parce que je n'avais absolument pas conceptualisé mon projet jusqu'à la fin de toute l'étape de l'analyse. Je n'avais pas l'information sur le sexe anatomique des participantes et sur le moment auquel des changements anatomiques quelconques étaient intervenus relativement à celui où des ITS avaient été contractées.

Je ne savais pas quels organes ou quels tissus étaient en action, alors que cela avait manifestement des implications pour le risque de contracter une ITS. Même si les trans participent à des études de recherche de toutes sortes, il est d'importance critique d'utiliser des stratégies judicieuses pour les inclure de façon explicite dans les enquêtes sur la santé et ce, pour deux raisons. Premièrement, lorsque les participants trans sont suffisamment nombreux, cela nous permet d'évaluer la santé des trans et de cerner les inégalités.

Deuxièmement, de tels nombres de participants génèrent suffisamment d'information pour qu'il soit possible de regrouper les participants trans avec les participants cisgenre non-trans afin de procéder à des analyses spécifiques au sexe ou au genre. Les mesures élaborées pour les études dans les populations trans peuvent employer un langage spécifique à la communauté, contrairement aux autres enquêtes.

Étant donné que la plupart des participants aux études au niveau de la population sont cisgenre, un peu de confusion et les erreurs de classement qui en découleraient pourrait résulter du fait qu'un groupe serait considéré comme trans alors qu'il serait réellement largement composé de participants cisgenre qu'on aurait confondus avec des trans.

Il n'existe pas de consensus sur la façon d'identifier les participants trans, bien que certaines balises aient été posées SMART, L'identification des participants trans dans des grands échantillons rendra possibles des analyses portant sur les mesures liées à la santé chez les participants trans pris en tant que groupe ou des comparaisons entre les participants trans et les participants cisgenre.

Cela dit, alors qu'on assume typiquement que les participants cisgenre ont une anatomie, des hormones et un genre vécu compatibles avec leur identité de genre, il est impossible d'assumer quoi que ce soit de tel dans le cas des participants trans. Par conséquent, l'interprétation des facteurs contributifs aux résultats en matière de santé restera difficile. Il s'ensuit qu'une bonne mesure de l'identité de genre n'est pas suffisante.

Cela peut sembler étrange puisque, dans la langue commune, les trans sont à l'identité de genre ce que les gais, les bisexuels et les lesbiennes sont à l'orientation sexuelle. Néanmoins, l'orientation sexuelle a trois dimensions — l'attraction, le comportement et l'identité — qui ont été incorporées dans des recommandations pour de multiples éléments d'enquête SMART, De même, l'identité de genre n'est qu'une dimension du transgendérisme ou du transsexualisme, et elle fournit de l'information limitée à la recherche sur la santé si l'on ne tient pas compte de leurs autres dimensions.

L'identité de genre détermine le sentiment inné de chacun d'être un homme, une femme, les deux ou ni l'un, ni l'autre. Les trans de l'Ontario étaient également répartis à peu près également en quatre groupes, ceux qui avaient terminé une transition médicale, ceux qui l'avaient entamée, ceux qui comptaient la faire et ceux qui soit ne prévoyaient pas de transition médicale, soit pour qui le concept n'était pas pertinent.

Compléter une transition médicale ne s'entendait pas d'une combinaison particulière quelconque d'hormones et d'interventions chirurgicales, mais plutôt de ce dont chaque participant avait besoin. Bref, en dépit du fait que l'identité de genre ne correspond pas au sexe attribué à la naissance, on peut vivre pendant des années sans changer son genre vécu au jour le jour, ses hormones ou son anatomie.

Les changements de chacun des trois peuvent arriver indépendamment à différents moments d'une vie. Simplement savoir qu'un participant à une enquête est trans donne rarement l'information nécessaire pour analyser les facteurs influant sur sa santé.

Les dimensions à saisir dépendent de la théorie sous-jacente à la question de recherche. Par exemple, une étude sur les risques de cancer à long terme nécessite l'obtention de renseignements sur l'exposition hormonale endogène et exogène ainsi que sur le sexe anatomique.

Une étude sur les rôles sociaux des genres, elle, suppose que le chercheur sache dans quel genre les participants vivent au quotidien et nécessite peut-être des mesures de la masculinité et de la féminité conventionnelles.

Comme de nombreuses analyses incluent une ventilation selon le sexe ou le genre, la complexité doit être saisie dans des données conçues pour de multiples utilisations. Je présente sous cette rubrique des questions que j'ai conçues pour l'Étude sur la santé Ontario Projet de partenariat canadien Espoir pour demain, Équipe du questionnaire, qui ont été ajoutées au questionnaire de l'enquête en Cet exemple n'est pas normatif, mais se veut plutôt un point de départ descriptif pour les concepteurs de questions judicieuses à inclure à l'intention des participants trans à des projets de recherche sur la santé.

Ce sont des questions conçues pour être simples et pour saisir l'information nécessaire; elles sont formulées de façon à résister à l'épreuve du temps, compte tenu des changements des identités personnelles et des réalités politiques communautaires. Comme cette étude de l'Ontario générera un vaste ensemble de données, que les participants seront suivis sur une longue période pour évaluer leurs risques à long terme de cancers et d'autres résultats relativement rares, il était important de capturer les multiples dimensions du sexe et du genre liées au risque de pathologies, et il fallait filtrer les réponses même si toutes les dimensions n'étaient pas nécessaires.

Je me suis servie d'une seule question pour indiquer le statut de trans des participants. Même si je ne l'ai pas soumise à des essais cognitifs, j'ai conçu cette question pour qu'elle 1 soit simple et courte et 2 qu'elle reconnaisse une certaine diversité chez les personnes trans, notamment parce qu'elles ne s'identifient pas toutes comme transgenres ni transsexuelles, mais comme ayant des antécédents médicaux particuliers et enfin 3 pour ne pas semer la confusion dans l'esprit des participants cisgenre.

Comme cette question ouvrait la porte à d'autres questions, c'est la seule qu'on a posée dans ce contexte aux participants cisgenre. Le point a Hormonothérapie de la question 5 introduit d'autres questions sur les médicaments pris actuellement.

S'il ne figurait pas dans la question 5, il faudrait inclure des questions sur les hormones spécifiques prescrites ou prises. Dans une étude prospective des cohortes avec des mesures répétées sur une longue période, il est possible de poser des questions sur le statut actuel ou récent p.

Dans les études transversales ou rétrospectives, par contre, il peut falloir vérifier aussi des dates pour déterminer si les résultats relatifs à la santé se sont produits avant ou après les changements vécus de genre, de milieu hormonal ou de sexe anatomique. Le cadre que j'ai élaboré pour les dimensions du sexe et du genre peut être adapté en différentes langues, bien que la traduction directe des questions d'enquête ne soit pas idéale, puisque les identités trans et les conceptualisations du genre varient selon les traditions linguistiques.

Les chercheurs doivent donc étudier le contexte pour comprendre les conceptualisations que les personnes trans ont d'elles-mêmes dans leur culture linguistique. Je présente ces réflexions comme point de départ pour la conceptualisation du sexe et du genre de façons permettant d'inclure judicieusement les participants trans dans les enquêtes de recherche.

Capturer de multiples dimensions dans l'Étude sur la santé Ontario nous permettra d'évaluer correctement les risques de détecter divers cancers et d'autres troubles à partir des données anatomiques, de même que d'arriver à la détermination des effets des hormones et du genre vécu. Même si nous pourrons peut-être un jour poser un seul ensemble de questions détaillées sur le sexe et le genre à tous les participants aux enquêtes, les indications dont nous disposons actuellement laissent entendre que les cisgenre réunissent souvent le sexe et le genre en un seul concept, puisqu'ils leur semblent s'assembler facilement et qu'ils assument leur concordance Conron et al.

Néanmoins, le cadre que je présente a le potentiel d'améliorer la recherche sur les participants cisgenre en remettant en question les hypothèses que les catégories masculine et féminine saisissent l'information spécifique sur les hormones et sur l'anatomie, alors que ce n'est pas toujours le cas même si c'est souvent vrai pour les participants cisgenre.

Gender characteristics of trans Ontarians. Findings on a measure of gender identity from a cognitive testing study with adolescents. Projet de partenariat canadien Espoir pour demain, Équipe du questionnaire Étude sur la santé Ontario — Questionnaire de référence [Questionnaire en ligne]. Best practices for asking questions about sexual orientation on surveys en anglais seulement.

L'équipe Sexualités et Genres: Ce chapitre présente des aspects de la prise en compte du sexe et du genre qui nous apparaissent déterminants pour la recherche et l'intervention en santé environnementale. Nos réflexions sont issues de nos recherches sur la diffusion de nouvelles connaissances et pratiques en Amérique latine dans le cadre de problématiques de santé relatives à des contaminants environnementaux.

Ces recherches s'inscrivent dans une approche écosystémique de la santé. Considérée comme un jalon de la santé publique au Canada Webb et al. L'équité de genre en est l'un des piliers; ce qui appelle à la prise en compte du sexe et du genre dans la recherche et dans l'intervention. Les hommes parlent de sports et les femmes parlent chiffons… du moins voilà un stéréotype souvent entendu qui reflète l'idée que les hommes et les femmes auraient des intérêts divergents Bischoping, Conformément à ces observations, nos travaux nous ont amenés à conclure que, dans un contexte social donné, les femmes et les hommes sont effectivement interpelés par les intérêts et par les expertises qu'on leur reconnait.

Ce phénomène a eu une influence sur la diffusion et l'adoption de nouvelles pratiques en santé. À partir de ce constat, nous avons cherché à répondre à trois questions présentées ci-dessous.

Conséquemment, une intervention qui ignorerait ces différents chemins de diffusion pourrait contribuer à concentrer l'information au sein de réseaux fondés sur la similarité. Les recherches et interventions s'appuyant sur une approche écosystémique de la santé visent notamment à diminuer les risques pour la santé.

Cet objectif passe fréquemment par la promotion et l'adoption de nouvelles pratiques par les membres des communautés. L'adoption d'une nouvelle pratique est un processus complexe étalé dans le temps et affecté par la structure des réseaux sociaux de la communauté, les caractéristiques de ces nouvelles pratiques et les caractéristiques des individus Rogers, ; Kincaid, ; Valente,